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Clavinova, mon ami

17 février 2012, 14:29, par Valentin Villenave

Cela tombe bien : personne ne vous y oblige :-)

Je ne crois pas avoir indiqué qu’il m’était déjà arrivé de "refuser" des élèves au motif qu’ils n’ont pas de piano, et que ce serait "m’abaisser" que de leur dispenser mon enseignement dans de telles conditions. Le "manque d’ouverture d’esprit", la "condescendance" et le "mépris" dont vous me taxez ne me semblent donc guère exister ailleurs que dans votre imagination.

La manière dont travaillent (ou ne travaillent pas) les élèves, ne regarde qu’eux. Tout ce qu’un professeur honnête peut — et doit — faire, c’est de leur exposer des pistes, et éventuellement de les mettre en garde contre certaines illusions. Prétendre apprendre la musique sans jamais travailler chez soi est une de ces illusions ; prétendre apprendre le piano sans disposer d’un piano, en est une autre. Dans un cas comme dans l’autre, vous trouverez des exceptions où cela fonctionne réellement ; dans un cas comme dans l’autre, tôt ou tard vous atteindrez un point limite, où l’élève ne progresse plus et où le manque d’un contexte de travail adéquat devient un handicap certain — et souvent rédhibitoire — dans la pratique de la musique. Je n’expose pas ici des "arguments", mais d’un simple constat.

Certains élèves tiennent bon et attendent patiemment le jour où ils pourront disposer d’un piano digne de ce nom : pour ceux-là, le Clavinova® peut constituer un succédané temporaire et effroyablement médiocre (mais pour un encombrement et un prix à peu près équivalents, il est en général de trouver un piano d’occasion bas-de-gamme quoiqu’infiniment préférable). Mais dans la plupart des cas, si cette situation n’est pas perçue comme temporaire mais comme une fin en soi (soit parce que les vendeurs se sont acharnés à expliquer que c’est là un "piano" électronique, et qu’il n’est donc pas nécessaire d’envisager quoi que ce soit d’autre, soit parce que le contexte familial des élèves n’est pas réellement disposé à faire une place à un véritable instrument de musique), alors la conséquence malheureusement prévisible, et trop souvent inévitable, est le découragement et l’abandon de l’élève. Je parle ici d’expérience.

En d’autres termes, si je puis "transmettre" quoi que ce soit, ce sera toujours grâce au piano mais malgré le Clavinova®. Je n’accepte pas le nivellement culturel par le bas qu’implique l’idéologie du "piano numérique", laquelle n’est en général véhiculée que par des personnes qui soit ont quelque chose à vendre, soit n’ont du véritable piano qu’une connaissance lointaine ou superficielle. Dire cela n’est pas une marque de mépris ou de condescendance, mais au contraire d’intégrité intellectuelle, d’exigence culturelle, et de respect envers mes élèves.

Mais comme je le disais, libre à vous d’y lire tout autre chose.

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