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Clavinova, mon ami

19 février 2013, 10:42, par Valentin Villenave

Bonjour,
j’ai répondu à votre long commentaire par un long article qui revient sur le sujet (et, j’espère, en fait suffisamment le tour).

"L’instrument ne fait pas tout", c’est certain. D’ailleurs (ce que j’ai tenté de souligner dans mes commentaires ci-dessus) le contexte familial est plus important que le choix de l’instrument, même si celui-ci est souvent l’indice de celui-là.

La vidéo vers laquelle vous liez (voici le lien pour les arriérés qui n’ont pas d’iPad :-) ) n’est peut-être pas une "vulgaire pub", mais reste une vidéo promotionnelle — d’ailleurs assez peu convaincante, en ce qui me concerne. Contrairement à vous, celui-là (pas plus que les quelques modèles de luxe que j’ai pu croiser dans des magasins) ne me donne envie ni d’en jouer, ni de l’écouter. Il ne s’agit ici ni d’un dogme ni d’une idée reçue, juste d’un sentiment. Mais je comprends fort bien votre envie d’avoir un instrument qui vous fasse "rêver et vibrer" ; si vous le trouvez dans un Clavinova, tant mieux pour vous (et pour les gens qui vous l’ont vendu).

Par contre, vous ne pouvez pas ignorer que "faire rêver et vibrer" est exactement le but de tout discours publicitaire ; il ne m’appartient pas de prétendre que c’est la seule raison de votre adhésion à ce produit, ni que vous ne l’auriez pas apprécié tout autant même sans que l’on vous ait dit qu’il s’agit d’échantillons de Bösendorfer sur 5 niveaux etc. ; ce que je me borne à souligner, c’est 1/ qu’il existe une pression industrielle et commerciale colossale pour vendre ces produits un peu partout 2/ qu’il existe entre ces claviers et le piano de nombreuses différences, dont certaines me semblent irréductibles (là encore, je vous renvoie à mon nouvel article), et 3/ que choisir un instrument synthétique plutôt qu’un piano, dans un cadre pédagogique, me semble préoccupant.

En ce qui me concerne, j’ai connu une trajectoire inverse à la vôtre : avoir fréquenté toutes sortes de pianos (y compris de très grands — à l’exception des Fazioli qu’il me reste à découvrir), m’a amené à me réconcilier avec le piano d’études que j’avais étant enfant (ainsi qu’avec le piano à 1500€ que j’ai depuis une dizaine d’années). Il m’a semblé me rendre compte que n’importe quel piano, même un très grand, a ses défaults, une note trop dure par ci, un retour de touche un poil trop lent par là. Dans beaucoup de cas il s’agit de réglages ou d’entretien ; mais en tout cas c’est _toujours_ à l’instrumentiste d’apprivoiser l’instrument, de composer avec ses faiblesses — sans espérer de miracles évidemment. Si je me trouve dans une salle avec un piano d’étude que je connais bien et un piano à queue qui m’est inconnu, j’aurais certainement tendance à me servir du piano droit (sauf si c’est dans le contexte d’un concert ou d’un cours, auquel cas la question est entièrement différente).

Ce type d’attachement est, en ce qui me concerne, totalement inexistant dans le cas d’un instrument électronique (excepté peut-être quelques instruments analogiques, comme je l’explique dans mon récent article). Et là encore, je parle d’un sentiment et non d’un dogme — mais avoir des sentiments et des goûts ne doit pas nous empêcher de rester lucides quant aux facteurs culturels, sociaux et politiques qui parfois les sous-tendent.

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