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Clavinova, mon ami

20 juillet 2011, 11:39, par Valentin Villenave

Je reçois à l’instant le commentaire suivant, qui a été bloqué par le filtre anti-spam (je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu’il cumule tous les termes que je hais cordialement : "pianiste professionnel", "musiques actuelles", avec la batterie d’arguments d’autorité habituels)... Bref, je l’ajoute ici à titre de cas d’école plutôt que pour enrichir le "débat" (lequel, en ce qui me concerne, était clos avant même d’avoir commencé).

Bonjour,

A vrai dire, je ne comprends pas ces professeurs, et ils sont nombreux, qui dénigrent le Clavinova et les autres pianos numériques de bonne qualité (Roland notamment). Vous le faites certes de manière humoristique et plutôt élégante (ce qui est loin d’être le cas de tous...), mais il ressort quand même de votre critique un mépris qui à mon sens n’est pas justifié.

Moi même pianiste professionnel (en musiques actuelles pour employer un terme « académique », qui désigne dans un même sac : jazz, soul, rock, variétés etc.), j’ai eu l’occasion de jouer sur de nombreux pianos depuis 20 ans, jusqu’à de vrais pianos de concert (dur de redescendre après...) Certes, rien ne vaut un bon piano à queue (par exemple à partir du C3 Yamaha et plus, donc de 25000 à plus de 100000€ pour un vrai « queue »), le toucher, la dynamique, la réponse, la tenue, bref le son sont inégalables, je vous l’accorde.

Cependant, et c’est là que je suis en total désaccord avec vous, beaucoup de pianos ne valent pas mieux qu’un bon clavinova (série 270 et+), et quand je dis beaucoup, c’est la plupart des pianos dits «  d’étude ». En clair, à moins de disposer d’un U1, d’un Gotrian ou autres, je préfère travailler sur mon bon « vieux » Clavinova 280. Les pianos acousitques fabriqués au rabais dans des usines en Chine avec un nom germanique (type Seiler, Steck, Samick etc.) n’ont pas plus de tenue des rondes. Leur son est totalement feutré et les basses sans vigueur. Le toucher est mou, voire court. Il n’ont aucun avantage de l’acoustique et tous les inconvénients : poids, prix, bruit pour les voisins, design souvent cheap etc. Alors oui, comme vous, je conseillerai, si l’élève en a les moyens, de laisser 8000€ minimum pour un piano fabriqué au Japon ou en Allemagne, doté d’un système silencieux s’il travaille beaucoup et que cela peut gêner son entourage (à ne pas abuser car cela altère légèrement le toucher), mais c’est un investissement peu démocratique !

Désolé de vous l’apprendre, mais le positionnement du poignet, le travail de l’articulation, ne souffrent pas du jeu sur un bon numérique, jusqu’à un certain niveau que la plupart des élèves n’atteindront jamais. Une bonne remarque sur ce forum : l’élève joue sur un autre piano au conservatoire, en général un bon droit (gontrian, yamaha U, petrof quoique ce je déteste cette marque) et des auditions et examens sur un quart de queue au minimum. Loin de le perturber s’il a un bon prof, cela lui amène au contraire une adaptabilité nécessaire car nous sommes parmi les seuls à ne pas pouvoir transporter notre instrument... Malheureusement beaucoup de professeurs cachent leur incompétence et leur manque d’écoute, voire d’oreille, en critiquant le matériel. Je ne prétendrai pas que vous en faites partie car je ne vous connais pas, mais je suis vraiment dégouté, étant jury d’examen, de voir le nombre d’élèves de troisième cycle qui n’entendent pas ce qu’ils jouent, et pire encore, dans les ateliers d’ensemble, totalement incapables de se positionner rythmiquement et harmoniquement même sur des musiques techniquement ultra faciles pour eux. Pour moi ils sont passés à côté de l’essentiel pendant leur 10 années d’études studieuses. Je me dis que l’enseignement ferait mieux de se focaliser sur la musique...

Je pense que vous vous trompez de combat. Vous me faites penser à cette professeure d’antant qui interdisait le jazz car cela « désaccordait le piano ». Le numérique ne « désaccorde » pas le poignet, n’altère pas l’oreille, permet d’avancer à un niveau tout à fait correct (troisième cycle), mais c’est à la condition d’aimer cela, de travailller, et donc : d’avoir un bon professeur...

Sans commentaire (voir ci-dessus).

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