-
6 mars 2010
Le printemps est en retard. Tant pis, * n'a pas les moyens de rester au chaud : une mission l'attend - et qui sait s'il en reviendra vivant.
-
7 mars 2010
Dehors, la bise hurle. « On dirait qu'elle me dénonce ». Un volet bat, stupide. * escalade les ruelles au pavé gibbeux. La nuit vient enfin.
-
7 mars 2010
Des pas tout près derrière, * en est sûr. Trop rapides pour être amicaux. Disparaître. Sur la colline, voici le vieux cimetière du village.
-
8 mars 2010
Glisser entre les tombes. Mimer un gisant, une statue. Ombre parmi des ombres. Pourtant l'autre ombre-celle qui bouge-approche avec méthode.
-
9 mars 2010
Mais des clameurs confuses au loin : une foule vient du village. Flambeaux, psalmodies, tintements. Le poursuivant de * s'embusque aussi.
-
10 mars 2010
Même si * parle peu la langue du pays, il comprend en gros ces prières : l'ouragan va frapper, Seigneur sauvez notre village et les bateaux.
-
10 mars 2010
Les rafales ont forci. Cri strident d'un coq qu'un homme égorge, tourné vers la mer qui affronte la falaise. Et voilà la pluie. Quel métier.
-
10 mars 2010
La cataracte a éteint les flambeaux et trempé le héros. Les villageois sont repartis. La terre creuse un linceul de limon,* veut se relever.
-
11 mars 2010
« Quelle boue, j'ai l'impression qu'on vient de me sculpter ». Soudain contact dur entre ses omoplates : Adam n'a plus qu'à lever les mains.
-
11 mars 2010
Mais l'ouragan éclate. La statue séculaire qui, bras ouverts, conjurait l'océan, s'envole et joue au bowling de par les croix du cimetière.
-
12 mars 2010
La tête se détache et fonce droit vers *, qui plonge dans la boue ; son agresseur en bon professionnel tire sur l'objet puis s'abat assommé.
-
12 mars 2010
* se rue dans la nuit. Soudain devant lui, du rien : le ras de la falaise. Au bas, l'océan rugit, invisible. Une terrible rafale : * tombe !
-
14 mars 2010
Tout est cri en lui et autour. Il tombe, il va mourir. Vent trop violent, souffle coupé. Flashs de souvenirs. Secousse soudaine, puis arrêt.
-
15 mars 2010
La mort ? En ce cas, il y fait le même temps que sur Terre. Ca bouge, aussi. Ca a des branches. * a dû toucher le seul arbre de la falaise.
-
15 mars 2010
Etre “héros” ca aide. Toujours pluie, nuit, vent. * se sent balloté et aussi bizarrement ligoté. Des lianes ? Il tâte : des choses gluantes.
-
16 mars 2010
* retire sa main et resserre ses prises autour de la branche miraculeuse. L'engourdissement du froid le gagne. Il perd conscience du temps.
-
17 mars 2010
Soudain, le soleil sort sans ménagement. L'oeil hagard, * considère sa situation. Il sursaute : il est saucissonné dans un filet de pêcheur.
-
17 mars 2010
Frères de captivité : des amas de poissons visqueux. Mais s'élève un froissement sonore ; un vol noir annule le matin - des Kreks géants !
-
18 mars 2010
On sait comme ces oiseaux carnassiers sont voraces. Innombrable nuée ils cernent le filet. De leurs redoutables becs effilés, ils attaquent.
-
18 mars 2010
*se sent l'âme du Gnou quand le Lion va dîner. Razzia sur les poissons, les Kreks se les arrachent. Parfois des becs frôlent *. Estafilades.