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En passant.

vendredi 26 octobre 2007, par Valentin Villenave


Samedi dernier, 21 octobre 2007.

Grève.

RER bloqué ; impossible d’aller bosser.

Regrettable, certainement. Pour les élèves, pour le bon déroulement de la progression pédagogique.

Il vous viendra peut-être à l’idée que c’est nettement plus ennuyeux pour les professions n’ayant pas trait aux loisirs. Cet argument est parfaitement recevable.

Il vous viendra peut-être à l’idée qu’une grève bloque tout le monde, c’est son but, plus c’est chiant plus ça veut dire que ça marche, et pas forcément pour le plaisir et le bon vouloir des grévistes. À 100, 120 ou 150 euros la journée de grève, ça fait quand même cher le bon vouloir. (Contrairement à une étrange idée reçue, les jours de grèves sont retenus sur le salaire des travailleurs, qu’ils soient dans le public ou le privé.)

Il vous viendra peut-être à l’idée que néanmoins, il faut savoir mettre fin à une grève, que ce soit du côté du gouvernement ou des syndicats.

Il vous viendra peut-être à l’idée que certaines générations ont lutté pour obtenir le droit de grève, ainsi qu’un certain nombre d’acquis sociaux qui aujourd’hui — pour quelques temps encore, espérons-le — font de la société française ce qu’elle est.

Il vous viendra peut-être à l’idée que la majorité écrasante des parents d’élèves que j’appelle en un tel cas pour annuler le cours, gueulent contre la grève, les grévistes, sans que je comprenne trop s’ils guettent de ma part un signe de connivence ou s’ils veulent sous-entendre que je fais partie du lot. L’un exclue-t-il vraiment l’autre, d’ailleurs ?

Il vous viendra peut-être à l’idée, si vous avez correctement lu mes paragraphes précédents, que je subis l’un et l’autre, la grève et l’indignation, sans vraiment être en position de partager ni l’une ni l’autre.

En tout cas, je n’ai pas perdu mon samedi.

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