Voici l’exercice numéro 8, extrait des 51 exercices de Brahms. Il s’agit d’un exercice en arpèges, toujours avec les deux mains en parallèle.
Vous en profiterez pour noter les harmonies un peu sophistiquées de Brahms ; il est rare de tomber sur des exercices aussi recherchés harmoniquement !

- Exercice 8 - J. Brahms (page 1)
- exercice d’arpèges en double-croches, les deux mains en parallèle

- Exercice 8 - J. Brahms (page 2)
Pour la petite histoire, cet exercice est le tout premier que je voulais poster sur le [Site] lorsque je l’ai ouvert il y a six mois ; cependant j’ai dû attendre car un ennuyeux bug de LilyPond empêchait la partition d’être parfaite.
L’exercice est en deux parties, la première aidant à préparer la seconde. Naturellement, je vous conseillerai vivement de rester sur la première partie aussi longtemps que nécessaire.
Examinons les difficultés. Elles sont de deux natures :
extension (intervalles larges, notamment entre le 3-4 et le 4-5 en descendant)
passage du pouce (uniquement dans la deuxième partie de l’exercice).
Extensions
Les extensions ne sont pas un exercice de gymnastique. C’est totalement différent de l’entraînement destiné, par exemple, à faire le grand écart avec ses jambes. Elles se prennent toujours en levant le poignet et en faisant un geste très arrondi, les doigts presque debout sur les touches.
Pour mieux comprendre cette posture, vous pouvez faire le geste suivant, dans le vide : levez légèrement votre bras à l’horizontale, le coude plié, comme si vous vouliez regarder l’heure à votre montre de façon très snob, très je-me-la-pète, en laissant pendre votre main, complètement détendue. Cela vous donnera une idée de la position de la main que je cherche à obtenir dans cet exercice ; la main et les doigts très détendus, le poignet bien haut et mobile.
Le poignet va aider les doigts à faire les extensions, en accompagnant la main. Quand la mélodie monte, le poignet suit chaque note en se déplaçant vers la gauche (il peut même se pencher un peu pour aider le 5 à être bien debout) ; quand la mélodie descend, même chose en sens inverse.
Passage du pouce
Je le répète : ne vous attaquez pas à la seconde partie avant d’être parfaitement à l’aise dans la première.
Le pouce passe ici après le 4, c’est donc un passage assez délicat, et là encore, qui risque de vous crisper. Prenez-le comme les extensions, très lentement, en détente et avec le poignet bien haut (c’est infiniment plus facile quand le pouce est quasiment debout sur la touche).
Le but du jeu, en passant le pouce, est de ne pas tordre le poignet, et de ne pas non plus monter le coude... (soupir)
Pour cela, et pour ne pas se crisper, évitez de chercher à réellement passer le pouce derrière le 4. C’est plus une question de « propulsion » :
main détendue sur le 4 > hop je place le pouce > tout de suite je détends à nouveau la main, en m’appuyant sur le pouce.
En d’autres termes, le pouce ne reste derrière le 4 (en position crispée) que pendant une infime fraction de seconde. On privilégie, évidemment, la position détendue.
Prenez votre temps !
Cet exercice est donc difficile. Comme vous l’aurez remarqué, chaque mesure peut (et doit) être répétée plusieurs fois : là encore, autant de fois que nécessaire. Je vous conseille donc, comme je l’ai déjà dit et redit, d’y aller très progressivement, en pensant bien à tout cela.
Voici la partition :
Et les sources, si vous avez besoin de la modifier :

- Exercice 8 - code source LilyPond
- Pour utiliser ce fichier, ouvrez-le dans n’importe quel bloc notes, modifiez-le si vous voulez, puis compilez-le avec le logiciel LilyPond.
Bon courage !
Valentin.
