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Louis-Claude Daquin : Le Coucou

mercredi 12 mars 2008, par Valentin Villenave

Ce bref morceau a fait la joie des élèves clavecinistes et pianistes depuis des siècles...

Louis-Claude d’Aquin (1694-1772) est un compositeur français du dix-huitième siècle, c’est-à-dire l’époque baroque, plus exactement pré-classique.

Son vrai nom est d’Aquino ; tout comme Jean-Baptiste Lully au siècle précédent, il l’a modifié pour gommer ses origines italiennes (en France on adorait tout ce qui venait d’Italie ; mais porter un nom italien soi-même c’était mauvais pour le business).

Comme beaucoup d’autres grands compositeurs (comme Mozart ou Scarlatti), c’est avant tout un instrumentiste virtuose, et ce dès son plus jeune âge, puisqu’on dit qu’il joua pour le Roi (Louis XIV) à l’âge de six ans !

S’il gagna sa vie avant tout grâce à l’orgue (il fut organiste dans toutes les églises les plus prestigieuses de Paris), c’est un petit morceau pour clavecin que je vous propose de (re)découvrir : Le Coucou.

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Le Coucou, Daquin

Vous pouvez télécharger la partition au format PDF ici, et en écouter une version synthétique ici.

(Tous les documents que je vous présente ici sont extraits de l’archive musicale Werner Icking, dont je vous reparlerai à l’occasion.)

Survolons le Coucou

Petit survol rapide (je n’ai jamais joué ni fait travailler cette œuvre).

On a là une écriture typiquement destinée au clavecin : aucune nuance, aucune liaison (tous ces artifices existent déjà à l’époque, mais ne deviendront incontournables qu’au XIXe siècle, avec l’invention du piano et l’époque romantique).

Au passage, n’essayez même pas de lier les croches de la main gauche (et plus loin de la main droite) : elles doivent toutes être jouées détachées — d’ailleurs, à l’époque le clavecin n’était guère capable de jouer legato.

Le motif du « cou-cou » est donné à la main gauche, sur accompagnement de la main droite : une disposition bien plus originale que l’inverse.

Le morceau est en mineur (en Mi mineur). On note d’ailleurs que le motif est construit avec une tierce mineure (trois demi-tons), contrairement au motif standard de type « boîte à coucou » qui se joue sur une tierce majeure [1]. Il s’agit, de toute façon, d’une tierce descendante : un coucou qui monte n’est plus un coucou.

Enfin, pour les amateurs d’harmonie, notons la marche harmonique descendante aux mesures 5, 6, 7, 8 : ces mesures sont exactement identiques, mais on descend d’une note à chaque fois [2].

P.-S.

Pour l’anecdote, savez-vous qu’à l’époque où Daquin écrit cette pièce, l’usage était de jouer sans se servir du pouce ? Essayez de la jouer ainsi (juste pour essayer, hein) : vous verrez que ce n’est pas si aisé !

Notes

[1] Au demeurant , la chanson Dans la forêt lointaine présente un motif de coucou sur une tierce mineure, comme chez Daquin : mais la chanson est en fait en majeur, et la tierce du « cou-cou » est en fait la tierce supérieure de l’accord parfait majeur (sol-mi si la chanson est en Do majeur).

[2] Petite question pour les amateurs d’harmonie précités : cette marche est-elle modulante ou non-modulante ? Je vous laisse répondre dans les commentaires.

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